20 août 2009
Cameroun : Brice Nitcheu « A Paris, nos objectifs ont été largement atteints et nous mettons le cap sur Genève»
On avait annoncé le feu. Paul Biya est venu en France, y a séjourné pendant 4 jours, et est reparti. Son séjour a été le plus controversé et le plus mouvementé de tous les déplacements qu’il a effectués en Europe depuis son accession au pouvoir. Cette visite a connu un affrontement passionné entre deux camps. Celui des supporters de Paul Biya, et celui des organisations de la diaspora, dont la version la plus radicale a même lancé ce qu’on a appelé l’ « Opération TOP » (Tomates-Oeufs-Pourris) et avait promis l’Intifada. Paul Biya étant reparti, voici l’heure du bilan. Camer.be est retourné vers l’initiateur de cette opération. Dans cette interview, Brice Nitcheu crache des vérités qui vont faire du grabuge.
Lire la suite >> >>>
17 juin 2009
FRANÇAFRIQUE :Cameroun, terre de nos ancêtres ou terre de France?
Au début de ce mois, nous avons séjourné à côté de l’Hôtel Intercontinental de Genève en Suisse. Paul Biya a trouvé cet hôtel comme le lieu stratégique pour le règlement tranquille des affaires de la françafrique. C’est pour maintenir des accords assurant des gains faciles à la France qu’il y a le système néocolonial appelé françafrique, et que la France usera toujours de toute sa force militaire, diplomatique et politique possible pour maintenir au pouvoir des hommes fantoches comme Biya ou Bongo. Cependant, tous les signes montrent déja que les Camerounais, tout comme les Gabonais, n’accepteront pas que leur pays demeure une terre de la France.
Lire la suite >>> >>>
05 mai 2009
LUTTE D’INFLUENCE DANS L’ADMINISTRATION CAMEROUNAISE , Les préfets dictent leur loi aux maires
Le fonctionnement de certaines mairies est bloqué à cause du conflit d’autorité entre les préfets et les élus locaux. Non maîtrise des textes ou alors préservation des intérêts égoïstes ? Au cours de la session d’adoption du conseil municipal de la commune de Moulvoudaye, dans le département du Mayo-Kani, en avril dernier, le préfet Otto Wilson a été contraint de sortir de la salle.
Lire la suite >> >>>
20 mars 2009
Cameroun : Dictature , Paul Biya, roi du Cameroun
Avec la modification de la constitution du Cameroun l'année dernière aux fins de s’arroger un nouveau mandat à la tête du Cameroun, Paul Biya s’aligne sur des dictateurs qui ont fait honte à l’Afrique, et présente le Cameroun comme une authentique dictature tropicale. Reste à savoir quel pourrait être le coût et la forme du dénouement de cette propension à l’éternité politique.
Cameroun: L’impossible cohabitation entre la démocratie et les institutions préfectorales et provinciales
Malgré leur appartenance et militantisme dans le même parti étatique RDPC, les maires et préfets du Cameroun s’affrontent de plus en plus sur des questions d’autorité. De tels conflits, inévitables toutes les fois que les institutions préfectorales ou provinciales à la françaises sont mises en cohabitation avec les institutions démocratiques comme les mairies, mettent à nue la question fondamentale sur l’Etat au Cameroun: à savoir, entre le Peuple et l’Etat à qui revient la souveraineté?
Lire la suite >> >>>
19 mars 2009
EGLISE CATHOLIQUE DU CAMEROUN: DES MORTS SANGLANTES ET MUETTES PRES DE DIEU
Plusieurs hommes d’église ont été assassinés au Cameroun. Mais les enquêtes commises n’ont jamais débusqué les commanditaires de ces assassinats…“ Une des choses qui me font pleurer, je le dis tout haut, c'est que l'Afrique sacrifie chaque jour les meilleurs de ses enfants sous prétexte qu'un tel a dit qu'il n'est pas d'accord avec tel chef d'État. Je ne peux pas comprendre qu'on condamne un homme à mort pour ses opinions ”.
Lire la suite >>> >>>
20 janvier 2009
Cameroun : Brice Nitcheu « A Paris, nos objectifs ont été largement atteints et nous mettons le cap sur Genève»
On avait annoncé le feu. Paul Biya est venu en France, y a séjourné pendant 4 jours, et est reparti. Son séjour a été le plus controversé et le plus mouvementé de tous les déplacements qu’il a effectués en Europe depuis son accession au pouvoir. Cette visite a connu un affrontement passionné entre deux camps. Celui des supporters de Paul Biya, et celui des organisations de la diaspora, dont la version la plus radicale a même lancé ce qu’on a appelé l’ « Opération TOP » (Tomates-Oeufs-Pourris) et avait promis l’Intifada. Paul Biya étant reparti, voici l’heure du bilan. Camer.be est retourné vers l’initiateur de cette opération. Dans cette interview, Brice Nitcheu crache des vérités qui vont faire du grabuge.
Mr le Secrétaire Exécutif , le rideau est maintenant tiré sur la visite du président Paul Biya en France. Quel bilan faites-vous de son séjour ?
Comme vous le savez, nous avions annoncé que la visite de Paul Biya en France était un paris risqué pour lui et que nous allions lui réserver l’accueil qu’on réserve à tous les tyrans de son espèce. Nos propos ont semé la panique dans leur camp. Ils ont donc envisagé tous les scénarios imaginables et inimaginables pour éviter la confrontation et l’humiliation. Ainsi, une semaine avant la visite, ils se sont essayés à l’intimidation, en lançant une vaste campagne médiatique où j’étais brocardé dans les journaux proches du pouvoir comme un terroriste en puissance et un antipatriote qui terni l’image du Cameroun à l’extérieur. La CRTV a consacré plusieurs jours d’antenne pour nous diaboliser. Ils ont même inauguré une nouvelle forme d’intimidation, que nous pouvons appeler la cyber-intimidation, en publiant les noms des patriotes qui par leurs réactions sur le net, leur font perdre le sommeil. Ils ont pillé les caisses publiques pour organiser des charters de quelques affamés fanatisés pour la circonstance pour essayer d’obtenir le surnombre et donner l’illusion à Paul Biya qu’il tient toujours les leviers du pouvoir ; ils ont mis en branle toutes les sections moribondes de leur parti qui sont ainsi sorties de leur longue hibernation et en ont profité pour se livrer aux orgies et se remplir les panses et les poches. Le pouvoir a mis à contribution tous les flagorneurs de la République, tous les exégètes du Renouveau croulant et tous les doctrinaires du Biyaisme primitif. Les services de renseignements et de sécurité de Paul Biya ont débarqué à Paris une semaine avant la visite pour infiltrer les milieux de la diaspora dans le but de traquer nos membres et semer la confusion; Paul Biya s’est déplacé avec une délégation de plus de 500 personnes, composées en majorités des membres de son parti venus simplement pour l’applaudir aux frais du contribuable Camerounais. A ces 500 personnes, il faut ajouter les flâneurs enrôlés à Bruxelles et à Paris contre une prime de 150 euros par personne pour aller grossir leur nombre. Ils ont dilapidé près d’un demi milliard de CFA pour acheter des espaces publicitaires dans certains journaux à Paris, avec pour objectif de soigner l’image d’un dictateur sanguinaire qui a ruiné le Cameroun pour s’enrichir. Une telle mobilisation de ressources humaines, matérielles et financières avait un seul et unique objectif : Contrer et neutraliser Brice Nitcheu et le CODE. Et sur ce plan, pour avoir réussi pour la première fois de l’histoire à mettre en branle tout l’appareil sécuritaire de Biya depuis l’étranger, pour avoir fait chanter tous les griots, pour avoir obligé Biya à organiser des charters en Europe, pour avoir obligé la confrérie des pleurnichards de Paris à effectuer une mission de sapeurs-pompiers au Cameroun, et surtout, tenant compte de l’impressionnante armada policière déployée par les Français pour le protéger, nous pouvons dire que nous avons atteint nos objectifs, au delà de nos espérances. Malgré tout ceci, l’avenir du Cameroun n’a jamais été aussi sombre, et je puis vous dire que j’ai encore plus pitié pour notre pays et son brave Peuple, qui n’ont rien fait à Biya pour mériter un tel sort. Au moment où ce dictateur dilapidaient plus d’un milliard de CFA pour se faire applaudir à Paris, nourrir quelques opportunistes affamés et acheter des pages de journaux, des centaines de Camerounais mourraient dans des cabanes qui font office de centre de santé, non loin de ses Palais de Mvomeka’a et d’Etoudi, faute de soins élémentaires, et des étudiants Camerounais étaient abandonnés en Tunisie, et partout dans le monde faute de bourses que Biya détourne au profit de ses enfants et des enfants de ses amis. Rien que pour ça, Paul Biya est impardonnable à nos yeux.
Vous avez promis l’Intifada et « l’Opération TOP ». A la fin, tout cela a accouché d’une souris ?
Bien au contraire. L’annonce de cette opération nous a permis de voir toute l’étendue de la fragilité de ce régime agonisant. Nous avons vu un homme qui a tremblé, qui a paniqué. Paul Biya n’est plus « L’homme-lion ». A Paris, il a plié la queue. Bien plus, lorsque nous avons débarqué à Paris le 21 juillet, c’est une véritable force expéditionnaire de CRS qui nous accueille. Le dispositif policier déployé autour de l’ambassade du Cameroun, au Trocadéro, à l’aéroport d’Orly et sur tout le parcours de Paul Biya était sans précédent. Le coeur de Paris rappelait un peu cette ville sous occupation Allemande. Nous avons vivement protesté auprès du Chef de la Police, qui nous a dit avoir reçu des informations que nous voulions attenter à la vie de Biya, et que la France avait le devoir de le protéger. On voyait bien la Françafrique à l’oeuvre, décidée à protéger sa poule aux oeufs d’or, qui n’est en fait qu’un despote, un fourbe, un homme coupable d’infanticide et de crimes divers contre les Camerounais. Cette mobilisation du CRS a eu l’effet inverse. Les passants et autres touristes qui traînaient par là, surpris par un tel déploiement, ont voulu en savoir en peu plus. Il faut reconnaître cependant qu’il y a eu quand même un petit dysfonctionnement dans l’organisation des manifs. Mais face à la pression, cela peut se comprendre. Par exemple, beaucoup de patriotes qui ont débarqué à Paris n’ont pas pu rejoindre les manifs, parce qu’ils avaient des difficultés pour circuler dans la ville, ou pour se repérer. Cela dit, je salue le courage des patriotes qui ont organisé la manif sur place, en l’occurrence Emeh Elong de « l’UPC-des-Fideles », et surtout Célestin Djamen et Collin Powel du Conseil des Camerounais de la Diaspora. Ils ont fait un travail formidable
Beaucoup de Camerounais attendaient que le CODE lance les oeufs comme promis.
« L’Opération TOP » était une stratégie parmi tant d’autres. Nous avons vu comment de simples tomates peuvent ébranler ce régime, qui n’hésite pourtant pas à tirer sur des enfants au Kalachnikov. La France a protégé le dictateur, mais de toute évidence, Paul Biya n’aura jamais cette protection excessive à Genève où il est en villégiature plus de la moitié de l’année. Déjà, à peine rentré au Cameroun, le revoilà qui a regagné le 6e étage de l’Intercontinental, avec son épouse. Nous allons le surprendre là-bas, et il ne tardera pas à avoir de nos nouvelles
Issa Tchiroma, l’actuel ministre de la communication, a déclaré sur les antennes de Canal2 que vos actions ont échoué à Paris
Tchiroma est une honte, voire une calamité pour les hommes politiques au Cameroun et même en Afrique. Voila un monsieur qui, il y a seulement 7 mois, m’écrivait pour me suggérer qu’il était disposé à travailler avec le CODE. Mais nous ne l’avons pas pris au sérieux, compte tenu de son parcours douteux, fait de trahison permanente. Son revirement spectaculaire ne nous a donc pas étonné. Même les militants de Paul Biya ne font pas montre d’un tel zèle
Cette visite de Paul Biya a donné l’occasion à la diaspora camerounaise d’étaler ses divisions. Une division qui a été marquée par des communiqués contradictoires signés de deux CODE, et une interview accordée à Camer.be par Moise Essoh, qui se réclame leader d’un autre CODE. Y a t il une lutte de leadership au sein de la diaspora ?
Allez demander au pouvoir au Cameroun quel est le CODE qui leur donne des insomnies, et vous aurez la réponse à votre question. Quant à l’interview à laquelle vous faites allusion, et que les auteurs ont fait circuler abondamment sur la toile, je l’ai lu moi aussi. Moise Essoh, l’auteur visible de l’interview, est un camarade de lutte, et malgré le fossé idéologique qui nous sépare, je ne ferai jamais rien, en acte ou en parole, qui puisse le fragiliser, le diaboliser, ou nuire à son combat, car c’est ce genre de conflits que Paul Biya exploite pour détruire les forces progressistes. Le seul ennemi du CODE, c’est Paul Biya et ses satellites au pays et à l’étranger. En réalité, il y avait un seul CODE au départ. A sa naissance, le CODE avait choisi un slogan « Partir comme Abdou Diouf, ou comme partir Mobutu », qui résumait tout notre programme. Ce slogan était un message fort à Biya. Nous voulions lui dire d’organiser des élections transparentes et de quitter tranquillement le pouvoir comme l’avait fait Diouf au Sénégal, ou alors il ne laisse aucun autre choix aux Camerounais que celui de le faire partir par la force comme Mobutu. Mais, progressivement, la fraction de l’UPC dite « des Fidèles » qui était membre du CODE à ce moment, a tenté de nous imposer un agenda qui nous écartait dangereusement de cette ligne, au profit d’une position de compromis avec les différents cercles qui tiennent le pouvoir au Cameroun. Les membres restants, qui forment les 90%, ont réagi avec vigueur. Nous ne pouvions pas accepter qu’un parti politique, qui a d’ailleurs joué un rôle central dans l’émiettement de l’UPC, impose, influence, ou tente de prendre en otage la ligne idéologique et la démarche révolutionnaire du CODE. Face à cette résistance, « l’UPC-des-Fidèles » n’avait plus d’autre choix que de claquer la porte, et de faire ce qu’ils ont fait avec l’UPC, c'est-à-dire créer des fractions. Après une rencontre stratégique tenue à Bruxelles le 30 mars, ils se sont retirés librement avec Guillaume Tene Sop, c'est-à-dire deux organisations sur 8, pour aller ensuite former un autre CODE, qu’ils ont baptisé pompeusement le « CODE-Originel », et ont installé à sa tête celui qui fait office de président de leur parti dans le Benelux. En France, ils ont installé comme chef d’antenne de ce «CODE-Originel» celui qui est comme le propagandiste en chef de « l’UPC-Des-Fidèles » dans ce pays. Les membres des sections de l’UPC-Des-Fidèles-France, et de l’UPC-Des-Fideles-Benelux en sont exclusivement des membres, mais aussi des membres exclusifs. Ils se transforment, en fonction des enjeux, des circonstances, ou des intérêts de leurs leaders, en « CODE-Originel », ou en « UPC-Des-Fideles ». Pris dans la tourmente des événements, ils se surprennent parfois entrain de jouer les deux rôles, comme lors de la manifestation anti-Biya devant l’assemblée nationale en France le 21 juillet, ou on pouvait voir les militants de « l’UPC-Des-Fideles » arborer des T-Shirts frappés CODE, mais portant en même temps des écharpes rouge du parti autour du cou. La détermination de cette fraction de l’UPC à faire main basse sur la diaspora combattante a viré à l’obsession, lorsque la cellule de la communication de ce parti a pris en main toute la stratégie de communication du CODE-originel. On ne trompe aussi grossièrement un peuple, même sous l’oppression.
Et puis, nous sommes confrontés à une différence idéologique qui est insurmontable. Dans le jeu du combat pour la libération totale du Cameroun du joug des criminels qui règnent à Yaoundé, il faut choisir entre deux logiques : La logique institutionnelle, qui suppose la reconnaissance et le respect des institutions diaboliques de Paul Biya, ou la logique insurrectionnelle, qui suppose le rejet de ces institutions qui le maintiennent au pouvoir, et le recours au soulèvement populaire pour renverser ce régime. Le « CODE-Originel » de « l’UPC-Des-Fideles » a librement choisi la logique institutionnelle qui, sous Paul Biya, est un soutien clair à la démocratie apaisée et apaisante. Leurs membres croient encore de nos jours que Paul Biya peut organiser des élections et les perdre, ou alors qu’il peut miraculeusement devenir un démocrate d’un seul coup en décrétant une Commission Electorale Indépendante. Il faut faire preuve d’une naïveté politique primitive pour arriver à une telle conclusion. Ils se sont d’ailleurs présentés aux dernières élections.
Justement, parlant d’élections, il y a comme une fièvre ces dernières semaines, avec les motions de soutien qui appellent au Président Biya de se présenter en 2011, et des candidatures déjà déclarées, dont certaines se réclamant de la société civile. Quelle est votre appréciation de cette situation ?
Avant de répondre a cette question, laissez-moi faire une petite démonstration de jardin d’enfants : En février 2008, en moins de 4 jours, Paul Biya a massacré plus de 300 jeunes qui s’étaient soulevés contre sa volonté de modifier la constitution. Quelques temps avant, ou après je ne me rappelle plus bien, il a créé un autre gadget qu’il appelle ELECAM, qui n’est qu’un repaire de voyous dans lequel il a nommé ses affidés. ELECAM viendra donc appuyer, et légitimer les fraudes organisées par l’Administration Territoriale, ce qui rend les choses plus compliquées qu’avant. Maintenant, une question à tous les candidats à la candidature : Comment allez-vous convaincre les Camerounais que Paul Biya, après avoir tués 300 jeunes en 4 jours, après avoir créé ELECAM et y placé ses amis, peut-il organiser une élection et la perdre ? Comment peut-on gagner une élection au Cameroun avec ELECAM, et tout le dispositif du mal que constituent les sous-préfets, préfets et gouverneurs qui sont toujours en poste, auxquels il faut ajouter la majorité Chefs de villages, les ministres, les directeurs de sociétés d’Etat, avec en amont la Cours Suprême qui va confirmer les résultats produits par Paul Biya, une armée vachement engraissée et corrompue qui sera là pour mater toute velléités, sans oublier la France, qui au nom de ses intérêts supérieurs, va faire ce qu’elle sait faire le mieux, à savoir, valider ces résultats pour maintenir le dictateur au pouvoir et perpétuer la Françafrique? Voila les questions élémentaires auxquelles les candidats, ou les candidats à la candidature doivent répondre, avant même de parler de leurs projets
Certains pensent qu’une candidature unique de l’opposition peut venir à bout des fraudes
Ceux qui pensent ainsi se laissent bercer par une douce allusion, qui peut être fatale. L’idée de candidat unique n’est pas nouvelle, et nous l’avons déjà expérimentée en 1992, dans le cadre de l’Union pour le Changement, dont j’étais le secrétaire permanent pour le Littoral. Le candidat unique, John Fru Ndi, avait largement devancé Paul Biya. Mais, ce dernier n’a hésité à inverser les résultats. La cour Suprême l’a confirmé, et la France l’a validé. Dans une récente interview, le Général Semengue a avoué que si Fru Ndi avait pris le pouvoir, l’armée aurait commis un véritable génocide au Cameroun. Près de 20 ans après, Paul Biya est toujours là. Semengue est toujours là. Le même dispositif de son maintien au pouvoir est toujours en place, et la situation est bien pire aujourd’hui. Tous les leaders politiques de la cuvée de 1990 se sont, comme Paul Biya, accrochés à leur poste, par des moyens peu orthodoxes. Certains se sont rapprochés du pouvoir, et d’autres ont élu domicile dans son gouvernement, ou à l’assemblée nationale. Ce tango mal inspiré a terni l’image des opposants, qui ont perdu toute la confiance des Camerounais. L’appel à une candidature unique, dans ce contexte, s’avère non seulement être une chimère, mais contribue a répandre l’idée dangereuse selon laquelle Paul Biya peut perdre les élections face à un candidat unique. Ce faisant, ceux qui injectent cette idée dénaturent le débat, et contribuent à rendre encore plus sombre l’atmosphère déjà très polluée de la scène politique au Cameroun. Avec ou sans candidat unique, Paul Biya ne peut pas organiser une élection au Cameroun et perdre. Point final. Ils redoutent les conséquences des actes qu’ils ont commis, s’il leur arrivait de quitter le pouvoir. Par conséquent, les partisans ou artisans de la candidature unique n’apportent que la caution démocratique dont Biya a besoin pour fourvoyer la communauté internationale, et rafistoler les lambeaux d’un processus démocratique qui a longtemps échoué. Le CODE ne va jamais jouer ce jeu de cimetière, ou l’on voit déjà des zombies sortir de partout, alléchés par la perspective de 2011. Le jour où nous aurons une élection libre et transparente au Cameroun, même un sauveteur peut battre Paul Biya
Votre démonstration ne donne aucune idée de ce que vous comptez faire en dehors des élections
Depuis la création du CODE, notre position n’a jamais souffert de la moindre ambiguïté. Nous travaillons, jours et nuits, sans nous presser, sur les conditions d’une insurrection populaire, sans laquelle, nous allons vivre éternellement sous l’oppression. Cela va prendre du temps, mais, nous y travaillons. Ceux qui veulent aller partager les miettes qui restent de la dépouille du Cameroun n’aiment pas ce discours, et nous vouent une haine viscérale, parce que nous troublons leur petit jeu de ventrocrates affamés. Ils nous traitent d’agitateurs, d’extrémistes, et d’anarchistes. Mais, ils sont en déphasage par rapport à l’histoire. Nos Leaders historiques, Um, Moumié, Ouandie, Ossende, etc, n’étaient pas fous. Ils furent aussi, en leur temps, traités d’anarchistes et d’extrémistes. Aujourd’hui, on les vénère. Les raisons pour lesquelles ils avaient fait recours à l’insurrection restent valables. Aujourd’hui, si vous faites un petit sondage, vous allez constater tout de suite que plus de 80% de Camerounais ne s’intéressent plus aux élections. Les Camerounais sont toujours très en avance sur les soit disant leaders politiques qui se croient toujours plus intelligents, tellement intelligents qu’ils sont toujours convaincus qu’ils ont le meilleur programme, la meilleure stratégie. Résultat : Ils considèrent d’abord leurs partis comme une affaire de famille, de clan, et même comme leur patrimoine personnel. Il n’est pas rare de surprendre un leader entrain de dire « j’ai créé mon parti ...». 20 ans après l’avènement du multipartisme, les Camerounais sont plus vigilants que jamais
Croyez-vous que les Cameroun vont facilement adhérer à votre logique insurrectionnelle ?
Les Camerounais n’ont même pas attendu un appel formel pour y adhérer, et les émeutes de février 2008 sont là pour le prouver. Les Camerounais, dans leur immense majorité, ne croient pas à l’assemblée nationale, parce que cette institution est formée de personnes qui y sont arrivées majoritairement par la fraude, et qui se sont arrangées pour livrer notre pays pieds et mains liés à Paul Biya, qui lui, ne les y a envoyées que pour atteindre cet objectif de survie politique, et même de survie tout court. Les Camerounais n’ont aucune confiance aux ministres, qui se sont avérés être tous des voleurs. Les Camerounais n’ont pas confiance dans notre système juridique, parce qu’en 1992, la Cour Suprême avait déclaré elle-même, tout en reconnaissant la victoire de Fru Ndi, avoir les mains liées pour le déclarer vainqueur. Voyez-vous, les Camerounais n’ont confiance en aucune des institutions de Paul Biya. Toutes ces institutions s’imposent au Peuple par la force brute. Ce sont des institutions gangrenées par la corruption qui, toutes, ont un seul but : Maintenir Paul Biya au pouvoir. Alors, s’il faut faire partir Paul Biya, il faut que ces institutions disparaissent avec lui
Avec quoi va-t-on les remplacer ?
La Conférence Nationale Souveraine est incontournable au Cameroun. C’est le seul cadre acceptable susceptible de mettre toutes les filles et tous les fils du Cameroun ensemble pour repenser notre avenir commun. Les institutions de Paul Biya seront remplacées par de nouvelles institutions issues de la volonté populaire, créées par la Conférence Nationale Souveraine
Beaucoup redoutent la Conférence Nationale souveraine parce qu’ils ont peur qu’elle se transforme en tribunal populaire.
Il n’y a que le voleur pour avoir peur du gendarme. Tous ceux qui, comme Paul Biya ont volé, pillé, tué, devront répondre de leurs actes, et s’ils ne vivent pas assez longtemps pour payer pour leurs crimes, leurs enfants devront payer à leur place, car ils ont directement profité des fruits du vol. Ceci est valable pour tous les petits malins qui ont profité des largesses du système et qui, tombés en disgrâce, se sont découverts des vertus d’opposants. La Conférence Nationale Souveraine est un haut lieu d’exorcisme populaire. La conférence Nationale Souveraine va mettre sur la table tous les dossiers de la colonisation et de la décolonisation, tous les crimes commis contre nos leaders historiques, tous les accords avec la France, y compris le franc CFA qui maintient notre pays dans le sous développement au profit de l’hexagone. Nous devrions pouvoir discuter avec la France comme deux Etats qui se respectent, et non comme un maître avec son élevé, -fut-il le meilleur-, lequel maître considère l’arrière-cour de l’élève comme sa chasse gardée ou les Bollore peuvent venir puiser à souhait. La Conférence Nationale Souveraine va accorder une pension annuelle aux veuves des nationalistes assassinés, car il est indécent de voir dans quelle misère vit une brave maman comme Mme Um Nyobe, ou l’indigence dans laquelle vivait Mme Moumie avant son assassinat. Pendant ce temps, Chantal Biya, qui n’est devenue première dame que par un incident de l’histoire, et qui n’a jamais rien fait pour le Cameroun, s’exhibe aux Etats Unis avec une actrice de pornographie et mène une vie royale, pendant que ses enfants fréquentent dans les meilleures écoles et collèges en Suisse. La conférence Nationale Souveraine va annuler toutes les dettes qui nous lient à la France, car nous ne savons pas a quoi cette dette a servi, si ce n’est à alimenter les caisses noires des hommes politiques mafieux en France, alimenter les comptes dans les paradis fiscaux, entretenir les cercles ésotériques et payer le loyer du 6e étage de l’Intercontinental. Les Français savent très bien ou va l’argent du Cameroun. Nous ne leur devons rien. D’ailleurs la Conférence Nationale Souveraine va exiger des dédommagements pour les massacres commis par la France pendant la guerre de libération. Lorsque je vois dans quelle pauvreté vit un grand Patriote comme Mathias Djassep, secrétaire particulier de Ernest Ouandie, qui fut condamné à mort comme son chef à cause de son amour pour le Cameroun, alors qu’une bande de criminels pillent notre pays, j’ai les larmes aux yeux. La Conférence Nationale Souveraine va produire une ligne de budget pour dédommager toutes les familles des martyrs qui sont tombés au front, y compris ceux morts pendant la lutte de 1990, les Villes-mortes, et ceux de février 2008. Cette ligne de budget aidera également à dédommager tous ceux qui ont perdu leurs biens, sociétés, et commerces. Si nous voulons remettre notre pays sur le chemin du développement, cet exorcisme populaire est incontournable.
Dans tout ce que vous venez de dire, il n’y aucun programme, aucun projet
Ce que vous devez savoir, c’est que le Cameroun n’a aucun problème de programme, ou de projet. Je connais des partis politiques qui ont élaboré un projet qui peut relancer immédiatement le Cameroun s’il est appliqué. Malheureusement, le problème de notre pays est institutionnel, et non technique. Pour appliquer un programme, il faut être au pouvoir. Et tout le monde sait que le pouvoir appartient exclusivement à Paul Biya, à sa famille, et à un clan. Dans ce cas, à quoi sert le programme ? Les Camerounais doivent concentrer leurs efforts sur la chute de Paul Biya. L’UPC a un programme depuis au moins 1955. L’a-t-elle appliqué ? Le SDF, l’UDC, l’UFDC, le Manidem etc, ont un programme depuis 1990. L’ont-ils appliqué? Même Paul Biya a son fameux projet, consigné dans « Pour le Libéralisme Communautaire ». L’a-t-il appliqué ? Donc, parler de programme au Cameroun revient à faire croire que nous sommes dans un processus politique et démocratique qui respecte le standard universellement reconnu. Cela suppose que les Camerounais sont libres de choisir entre les programmes politiques ? Est-ce le cas ? D’ailleurs, dans aucun des programmes que j’ai eu l’occasion de lire, aucun ne pose le problème profond du Cameroun, qui est celui de l’indépendance politique, économique et culturel. Cette indépendance ne peut s’obtenir que si nous luttons, si nous nous sacrifions au besoin, pour nous libérer de l’emprise mortelle de la France. Tous les hommes politiques camerounais ont peur d’évoquer la vraie cause de notre retard politique et économique, qui est la France. Tous, sans exception vont faire allégeance à Paris, une fois qu’ils se sentent investis d’un destin national. Ils deviennent du coup, un maillon essentiel de la Françafrique. Il faut surveiller, et dénoncer avec vigueur tous ces gens qui croient que le pouvoir au Cameroun ne se donne pas par le peuple Camerounais, mais par Paris, car une fois installés au pouvoir, ils vont faire exactement comme Biya, c’est a dire protéger les intérêts de la France au détriment des intérêts du Cameroun. Il est impossible de rêver que le Cameroun peut atteindre le niveau du développement de la Corée du Sud par exemple, si nous continuons de porter le fardeau que la France nous impose à travers le Franc CFA, et à tolérer que les gens comme Bollore prennent en otage nos ressources. Aucun programme ne pose ce problème, qui relève du simple bon sens patriotique. Aujourd’hui, la France s’est résignée en Cote d’Ivoire et traite Gbagbo avec respect. La France s’est résignée en Guinée, et traite Dadi Camara avec respect. Si tu veux qu’on te respecte, tu dois lutter pour défendre d’abord tes intérêts. C’est à cette lutte que le CODE appelle les Camerounais
Parlons maintenant du problème Anglophone. Certains vous accusent d’avoir de la sympathie pour le SCNC qui prône la sécession du Cameroun. Est-ce vrai ?
Oui, j’ai de la sympathie pour tous ceux qui luttent contre l’injustice, surtout si cette lutte peut contribuer à faire tomber le régime de Paul Biya. Le SCNC est le produit de l’arrogance, du mépris et de l’irresponsabilité de Paul Biya. Depuis les années 60 ans, le pouvoir à Yaoundé, s’appuyant sur quelques élites Anglophones, a pratiqué contre nos frères et soeurs Anglophones un ostracisme et un apartheid qu’aucun peuple ne peut accepter. Si nous voulons reconstruire notre pays, nous devons avoir le courage de regarder froidement toutes les questions qui menacent la survie de notre pays comme Nation.
1- Si vous avez fréquenté à l’université de Yaoundé dans les années 1990, vous auriez du constater que les cours les plus importants se faisaient exclusivement en Français. Nos compatriotes Anglophones étaient obligés de subir ce martyr, et attendaient la fin des cours pour aller au quartier supplier les étudiants francophones pour demander de l’aide. Prenant cet exemple, il devient très clair que les étudiants francophones bénéficiaient d’un avantage arbitraire, qu’aucun esprit libre ne peut accepter.
2- Des l’avènement de la CRTV, les Anglophones qui l’ont perçu tout de suite comme un instrument de la cohésion nationale et une vitrine d’unité, se sont lancés dans l’aventure journalistique, comme Boh Herbert avec sa voix unique, Eric Chindje, Akwanka Joe Difor etc. Ces dignes fils de notre pays ont tout donné pour prouver l’attachement de la communauté Anglophone à l’Unité Nationale. Victimes de brimades et d’apartheid, ils sont tous partis avec leur fair-play et leur indépendance d’esprit, laissant la maison à une clique de carriéristes Francophones corrompus et incompétents, qui ne sont là que pour chanter les louanges de Paul Biya
3- La totalité de la production pétrolière du Cameroun est produite dans la région Anglophone, de même que la CDC, première production agricole du Cameroun et deuxième employeur après l’Etat. Paul Biya détourne cet argent pour financer des sectes sataniques en France, alors que pour voyager entre Buea et Bamenda, deux Capitales pourtant géographiquement très proches, il faut traverser par deux autres provinces, le Littoral et l’Ouest, et rouler sur des centaines de kilomètres. Dans le Sud Ouest, fief de la Sonara, il n’y a aucune route, avec des endroits qui ne sont accessibles qu’en hélicoptère
4- Au Nigeria voisin, l’exploitation du pétrole sans retombées pour les populations locales a provoqué une rébellion dans le Delta du Niger, qui menace la stabilité de cette région, et même du Cameroun
5- Malgré ce pillage systématique du pétrole sur leur terre, le SCNC mène un combat pacifique, et utilise les instruments du droit international pour faire valoir ses arguments. C’est Paul Biya qui brutalise et tue leurs militants
6- Les leaders Anglophones ont posé ces revendications dès les années 90, dans le cadre de la All Anglophone Conference. A cette époque, il nullement question de sécession. Paul Biya a répondu par l’arrogance. Ensuite, il y a eu la All Anglophone Conference II. Paul Biya a répondu par son mépris congénital. Puis, avec la victoire volée de Fru Ndi, même les plus pacifiques des Anglophones se sont radicalisés
7- Dans l’histoire d’un pays, les symboles occupent une place capitale. Prenons le drapeau du Cameroun. Apres les Accords de Foumban, le Cameroun avait un drapeau vert-rouge-jaune avec deux étoiles frappées sur la bande verte et le Cameroun était une République Fédérale, pour mieux marquer l’existence de deux Etats fédérés. Puis, sans referendum, de manière cavalière, Ahidjo décide, en 1972, de changer le nom du pays, qui devient « République Unie » et les deux étoiles disparaissent de la bande verte, laissant la place à une seule étoile frappée sur la bande jaune. Lorsque Biya prend le pouvoir, il achève la mission d’assimilation de la communauté Anglophone, en faisant disparaître par simple décret le mot « Uni », et le pays devient « République du Cameroun » tout court. Je mets au défi quiconque souhaite contester ces vérités historiques
8- Au début des années 90, certaines pontes du régime, qui sont toujours en poste, ont traité les Anglophones de Biafrais, et leur demandaient d’aller vivre au Nigeria s’ils ne sont pas contents. Malgré ces humiliations, le SCNC n’a jamais pris les armes
9- Je n’adhère pas à une idée de la sécession du Cameroun. Je sais aussi que si le Cameroun donne à tous ses enfants les mêmes chances, le problème Anglophone, tout comme les autres problèmes très nombreux au Cameroun, vont disparaître. Voila pourquoi la Conférence Nationale Souveraine est incontournable.
Propos recueillis par Hermann Oswald G'nowa @ Camer.be
27 juin 2008
Cameroun: L’impossible cohabitation entre la démocratie et les institutions préfectorales et provinciales
Malgré leur appartenance et militantisme dans le même parti étatique RDPC, les maires et préfets du Cameroun s’affrontent de plus en plus sur des questions d’autorité. De tels conflits, inévitables toutes les fois que les institutions préfectorales ou provinciales à la françaises sont mises en cohabitation avec les institutions démocratiques comme les mairies, mettent à nue la question fondamentale sur l’Etat au Cameroun: à savoir, entre le Peuple et l’Etat à qui revient la souveraineté?
La république néocoloniale répond sans souciller que l’Etat à travers son chef ou président est le souverain. Passons en revue leur histoire française pour voir si les provinces, préfectures, sous-préfectures et districts ont droit d’existence dans un Cameroun démocratique.
NEW HAVEN, 05/09/2009 – Les conflits d’autorité entre les maires élus se réclamant de la souveraineté populaire, et les préfets, sous-préfets, chefs de district et gouverneurs se réclamant de la souveraineté de l’Etat et de son président de la république, tels que reflétés par l’article de Le Messager ci-contre, posent le problème profond de l’adéquation de la présence des institutions typiquement françaises – telles que léguées par le colons français partant à son successeur néocolonial Mbida et Ahidjo - dans la démocratie que tous les Camerounais veulent construire sous la forme d’un nouvel Etat nouveau.
L’histoire des provinces en France
Le terme de «province» recouvre diverses réalités à diverses époques en France. La majorité des provinces traditionnelles tire ses origines de fiefs féodaux - principautés, duchés, comtés, vicomtés - qui ont été progressivement rattachés au royaume de France, principalement par le jeu des mariages, des héritages et des cessions par traité. Le royaume de France, jusqu'au XVIe siècle, se confondait pratiquement avec le «domaine royal».
Lors de ces acquisitions, l'intégrité des territoires n'a pas toujours été respectée. En effet, à partir de la fin du Moyen-Âge, l’administration territoriale du royaume répond à un redécoupage en généralités - parfois aussi nommées intendances depuis le XVIIe siècle - pour l'administration fiscale, et en gouvernements pour l'administration militaire et judiciaire.
Certains territoires comme le Perche, le Bugey ou la Dombes, possédant une identité forte et ancienne, l'ont perdue en s'amalgammant à ces nouvelles circonscriptions, sans pour autant cesser d'exister en tant qu'entités socio-culturelles, parfois jusqu'à nos jours où l'on parle de «pays», notamment dans le domaine du tourisme ou de l'aménagement du territoire. La situation était encore compliquée par la division du royaume en «pays d'élections», où l'impôt était collecté directement, et les «pays d'états» où il était voté par une assemblée locale.
Lorsqu'on fait référence aux «anciennes provinces francaises» sans autre précision, il s'agit généralement des gouvernements tels qu'ils existaient juste avant la Révolution, lorsqu'un édit (1787) instaura un nouveau système où le terme de «province» fut introduit pour désigner ces principales subdivisions administratives du royaume.
Visitez le site web de Georgetown University pour une présentation plus complète de cette institution de l’administration française.
L’on se demande ce que l’histoire de la France a à voir avec le territoire africain aujourd’hui appellé Cameroun pour que l’institution provinciale soit autant inséparable de son Etat. A moins évidemment que cette institution, tout comme l’institution préfectorale, ne soit pour le système néocolonial en place qu’une perpétuation bête de l’administration coloniale dont il est l’hétitier.
L’histoire des préfets et des sous-préfets en France
Originalité, mais également curiosité mondiale, de son système administratif, l'institution préfectorale est profondément enracinée dans l'histoire de la France. L’institution administrative a deux cents ans sous son appellation actuelle. Le préfet républicain a survécu aux changements de régime français - Empire, Royauté, République -, aux guerres, aux modifications même profondes du système d'administration territoriale.
L’institution préfectorale est une tradition de la représentation de l'État par un délégué du gouvernement, nommé et révocable par celui-ci. Elle est une création de l’empereur barbare sanguinaire Napoléon Bonaparte. Elle a connu en France tout au long des deux derniers siècles de profondes adaptations et transformations, qui ont affermi sa place dans les institutions.
C'est le consul Napoléon Bonaparte qui inspira en effet la « loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) » instituant les préfets et les sous-préfets. Pour lui, « administrer doit être le fait d'un seul », parce qu’il en va du « bonheur de la France », et les préfets, délégués du pouvoir central, doivent être les exécutants des décisions ministérielles. Selon la belle formule de Chaptal, rapporteur de la loi fondatrice, ils transmettront « la loi et les ordres du gouvernement jusqu'aux dernières ramifications de l'ordre social avec la rapidité du fluide électrique ».
Sous l'Empire, les préfets ne seront pas seulement des hommes d'ordre et de surveillance : Lucien Bonaparte préfigure leur rôle moderne d'aménageurs et de développeurs en leur assignant, dans une « circulaire du 21 ventôse an VIII », tout ce qui touche à la « fortune publique », à la «prospérité nationale ».
Déjà installés dans le paysage institutionnel, ils ne seront désavoués ni par la Restauration, ni par la monarchie de Juillet : utiles au maintien de l'ordre en ces temps troublés, ils voient également se développer leurs missions économiques et sociales.
La troisième République révoque les hommes en place, mais conserve l'institution préfectorale. Exécutif du département et représentant du gouvernement, le préfet se voit assigner un devoir de réserve qui amoindrit son rôle politique mais l'affranchit progressivement de sa réputation d'agent électoral et renforce sa mission d'administrateur. Sous la quatrième République et depuis le début de la cinquième, les préfets ont connu de profondes transformations de leurs missions et du cadre d'administration territoriale dans lequel ils agissent.
Visiter le site web de la Côte d’Armor pour une présentation plus complète de cette institution particulière à la France.
L’inadaptation de l’institution préfectorale à la démocratie au Cameroun
La première des questions est de savoir qu’est-ce que le Cameroun a en commun avec la France pour devoir copier son institution préfectorale. La deuxième est de savoir si une démocratie normale peut fonctionner en présence de l’institution préfectorale.
Le territoire du Cameroun, berceau de nos ancêtres, est avant la colonisation occidentale constitué de pays et de royaumes independants qui n’avaient aucune resemblance avec ni les empires, ni les royaumes, ni les fiefs français. Au communautarisme commun à nos nations précoloniales, s’oppose l’individualisme français. Au consensualisme de la pensée politique africaine régissant les relations politiques de nos nations précoloniales, s’oppose l’oppression impériale et royale en France et plus tard la farce électorale de ses multiples républiques.
Toujours est-il que nos nations ou Etats précoloniaux ne présentent nulle part les traits de découpages territoriaux similaires aux provinces, préfectures, sous-préfectures et districts du système colonial et néocolonial qui ont depuis lors toujours exercé leur domination, et souvent leur terreur, sur nos populations.
La majorité des pays du monde, tous des républiques se réclamant de la démocratie autant que la France, ont trouvé que l’institution préfectorale ou provinciale comporte de dangereux accents antidémocratiques.
Car, toutes les fois que l’Etat n’est pas une création du Peuple ou n’est pas soumis sous le contrôle et la souveraineté du Peuple, des institutions comme la province, la préfecture, la sous-préfecture ou le dictrict, placées par l’Etat pour imposer l’ordre étatique, maintenir la “paix” étatique et servir les intérêts étatiques contre le Peuple n’éviteront jamais d’entrer en conflit avec les diverses institutions démocratiques.
Car, si de telles institutions administratives s’adaptent parfaitement à l’empire, au royaume ou à la république, l’histoire ne montre nulle part, et même pas en France, que l’institution préfectorale et provinciale s’adapte bien à la démocratie. S’il en était autrement les Etats-Unis, les pays scandinaves, la Suisse, la Belgique et les pays du monde autres que les possessions et anciennes colonies françaises, seraient tous administrés par les préfectures, les sous-préfectures, les districts et les provinces.
Les conflits d’autorité qui naissent actuellement entre les maires (mal) élus et les préfets, pourtant tous militants du parti administratif RDPC au pouvoir, n’est donc que le résultat normal et inévitable qu’il faut attendre dans toute situation de cohabitation entre les institutions préfectorales ou provinciales et les institutions démocratiques. De tels conflits mettent à nue le conflit latent et plus profond entre l’Etat néocolonial et le Peuple au Cameroun.
Car les Camerounais seront amenés à choisir qui est le souverain dans leur pays: l’Etat ou le Peuple. Le choix pour l’un ou l’autre marque la différence nette entre entre la dictature d’un seul ou d’un groupe dirigeant l’Etat et la démocratie.
Ceci aboutit à l’inévitable conclusion selon laquelle la province, la préfecture, la sous-préfecture et le district devront cesser d’exister dans un Cameroun démocratique.
Par Ndzana Seme Publié sur http://www.africanindependent.com
25 juin 2008
LUTTE D’INFLUENCE DANS L’ADMINISTRATION CAMEROUNAISE , Les préfets dictent leur loi aux maires
Le fonctionnement de certaines mairies est bloqué à cause du conflit d’autorité entre les préfets et les élus locaux. Non maîtrise des textes ou alors préservation des intérêts égoïstes ? Au cours de la session d’adoption du conseil municipal de la commune de Moulvoudaye, dans le département du Mayo-Kani, en avril dernier, le préfet Otto Wilson a été contraint de sortir de la salle.
Selon l’information relayée par le journal Mutations, tout est parti sur des incompréhensions entre le maire, les conseillers municipaux, et la tutelle que représente le préfet. Ce dernier aurait estimé que l’ambiance n’était pas propice au bon déroulement des travaux du conseil. Le préfet Otto a intimé l’ordre au député Adama Modi de sortir de la salle du conseil. La réplique du député a été nette : "Si quelqu’un doit sortir d’ici, ce n’est pas moi. Je suis chez moi et conseiller, ce qui n’est pas votre cas".
Lors de la première session du conseil de la Communauté urbaine de Kumba, il y a eu altercation entre les maires d’arrondissement et l’autorité administrative. Le préfet du département de la Mémé, Abath Zangbwala, a été contraint de quitter la salle des travaux. “ Je ne peux plus continuer d’assister à une réunion où les intérêts de l’Etat sont continuellement bafoués, et où certains individus ont pris la ville en otage pour des intérêts égoïstes.
Vous pouvez délibérer sur les problèmes du conseil, mais vous ne pourrez jamais délibérer sur les priorités de l’Etat ”, a-t-il lancé avant de quitter la salle. Dans le cas de la commune de Manoka, le fonctionnement est simplement bloqué tant que l’autorité administrative n’a pas donné son quitus sur les délibérations faites, notamment le vote du budget.
Facilitateur de la decentralisation
Ces différents dysfonctionnements traduisent à suffisance le conflit de compétence qui existe entre les élus locaux et le représentant de l’Etat qui dit vouloir préserver les intérêts de ce dernier. Des situations qui paralysent le fonctionnement normal de ces communautés territoriales décentralisées. Et ce sont les populations qui en souffrent. “ C’est l’éternel conflit entre l’Etat et la démocratie, mieux de la concurrence entre la force du décret et la légitimité issue des urnes. Cela transparaît également dans l’opposition entre les délégués du gouvernement (nommés) et les maires d’arrondissement (élus) ”, relève le politologue et consultant en Partenariat pour le développement municipal, Manassé Aboya Endong. Ce qui soulève des questionnements sur la primauté de l’autorité administrative sur le fonctionnement de ces structures.
Pour le politologue, “ les maires ne peuvent pas fonctionner sans la présence de l’autorité administrative. Car, officiellement, l’autorité administrative est un facilitateur de la décentralisation. Celle-ci est mise en œuvre par le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation. Vouloir fonctionner sans l’autorité administrative revient à ignorer le ministère de tutelle, donc à annuler le rôle de l’Etat ”.
Une situation conflictuelle qui aurait pu être évitée si chaque partie respectait les textes en vigueur. D’après les dispositions constitutionnelles relatives aux collectivités territorialement décentralisées, “ les collectivités territoriales décentralisées sont des personnes morales de droit public. Elles jouissent de l’autonomie administrative et financière pour la gestion des intérêts régionaux ou locaux. Elles s’administrent librement par des conseils élus et dans les conditions fixées par la loi ”, peut-on lire à l’article 55, de la loi n°96/06 du 18 janvier 1996, portant révision de la Constitution du 02 juin 1972. Pour ce qui est de la tutelle de l’Etat, la loi n°2004/17 du 22 juillet 2004 sur la décentralisation précise en ses articles 66 et suivants que “ le préfet assure la tutelle de l’Etat sur la commune. Les actes pris par les collectivités territoriales sont transmis au représentant de l’Etat auprès de la collectivité territoriale concernée, lequel en délivre aussitôt un accusé de réception. Ses actes sont exécutoires de plein droit 15 jours après la délivrance de l’accusé de réception, et après leur publication ou leur notification aux intéressés (…) Le représentant de l’Etat peut, dans un délai de 15 jours à compter de la date de réception, demander une seconde lecture de l’acte(s) concerné(s). La demande correspondante revêt un caractère suspensif, aussi bien pour l’exécution de l’acte que pour la computation des délais applicables en cas de procédure contentieuse, conformément à la législation en vigueur.”
Malgré la précision des textes, et nonobstant leur complexité, les situations que vivent les communautés territoriales décentralisées auraient pu être évitées si l’autorité administrative s’appropriait elle-même les textes sur la décentralisation, et cessait d’être ainsi chef de terre, pour devenir tel que l’a préconisé le législateur, un facilitateur de la décentralisation, et si les maires eux-mêmes se préoccupaient davantage du développement économique, social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif de leurs communautés, au détriment des intérêts égoïstes qui les caractérisent le plus souvent.
Par Robert NGONO EBODE Le Messager 05-05-2009
11 juin 2008
Livre : Comment Félix Moumié a été empoisonné
Après un premier livre où il revendiquait sans remords tortures et exécutions sommaires en Algérie, le général Paul Aussaresses n’a manifestement pas digéré d’avoir été condamné, en 2003, par la justice française pour « apologie de crimes de guerre ». Et, surtout, d’avoir dû renoncer à sa Légion d’honneur.
Lire l'article >>> >













