17 janvier 2008
Cameroun : « Nous disons non et non au gouverneur de la province du littoral au Cameroun » Asbl CEBAPH- LIBERAL
Dans un communiqué rendu publique le 16 janvier 2008 à Douala l'asbl LIBERAL-CEBAPH, association de droit Belge et membre du CODE s’insurge contre la décision du gouverneur de la province du littoral d’interdire toute manifestations publique à Douala au Cameroun.
Lire l'intégralité du texte ici >> >>> >>>
15 novembre 2007
Collectif National contre l'Impunité au Cameroun ( CNI) : Silence, on tue!
Le 03 novembre 2007, un militaire de la Garde Présidentielle abat froidement un jeune homme au quartier Tsinga de Yaoundé. Son crime ? Avoir voulu traverser la rue juste après le passage d'un cortège de la première dame Chantal Biya, en provenance de l'aéroport de Yaoundé.
Lire la suite >>> >>>>
17 janvier 2007
Cameroun : « Nous disons non et non au gouverneur de la province du littoral au Cameroun » Asbl CEBAPH- LIBERAL
Dans un communiqué rendu publique le 16 janvier 2008 à Douala l'asbl LIBERAL-CEBAPH, association de droit Belge et membre fondateur du Code s’insurge contre la décision du gouverneur de la province du littoral d’interdire toute manifestations publique à Douala.
Cameroun : « Nous disons non et non au gouverneur de la province du littoral au Cameroun » Asbl CEBAPH- LIBERAL
Le Cercle Belgo-Africain pour la Promotion Humaine ( CEBAPH), association de promotion des droits humains basée en Belgique et ayant des représentations en Afrique et plus particulièrement à Douala au Cameroun a appris avec tristesse l’annonce sur les antennes de la Cameroon Radio Television, de l’interdiction des réunions et manifestations publiques dans toute la province du Littoral jusqu’à « nouvel ordre ».
Le gouverneur Francis Faï Yengo entend ainsi refouler les mouvements de contestation qui prennent progressivement corps à Douala, depuis l'annonce par le chef de l'Etat, Paul Biya, de son intention de modifier l'article 6 alinéa 2 de la constitution portant sur limitation du mandat du président de la République.
Cette option d'étouffer toute contestation populaire s'est déjà dessinée le samedi 12 décembre dernier lorsque le père des "villes mortes", Mboua Massock avait été interpellé et entendu pendant des heures dans le bureau du sous-préfet du 3ème arrondissement de Douala, Yampen Ousmanou. Il lui était reproché d'avoir organisé une marche sur la voie publique alors que celle- ci, selon la police, était interdite
L’asbl CEBAPH- LIBERAL constate que les manifestations publiques font partie des libertés publiques et dont l’objet d’une consécration tant au plan international (Déclaration des Droits de l’Homme, Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, Charte africaine des Droits de l’Homme et des peuples) qu’au plan national, où on la retrouve dans le texte de la Constitution autant que dans une loi du 19 décembre 1990.
Autant le dire, le droit de manifester publiquement à titre individuel ou collectif est consacré et protégé par la Constitution et la loi en tant que droit fondamental du citoyen.
La loi n°90/055 du 19 décembre 1990, portant régime des réunions et manifestations publiques, présente absolument le mérite de la clarté. Elle prévoit que toutes les manifestations sur la voie publique, à l’exception des sorties conformes aux traditions et usages locaux ou religieux, sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable faite au chef de district ou à la sous-préfecture dans laquelle la manifestation doit se tenir 7 jours francs avant ladite manifestation.
Face à la décision du gouverneur de la province du Littoral d’interdire les réunions et manifestations publiques dans toute la province du Littoral , l’asbl CEBAPH- Liberal estime que cette mesure est une atteinte grave aux libertés publiques et aux droits de l’homme en général car, le Cameroun jusqu’ici ne connaît en ce moment aucune crise grave d’insécurité qui justifierait une telle décision
L’asbl CEBAPH- LIBERAL demande au pouvoir en place de lever cette interdiction afin de faire prévaloir la raison du droit et des libertés publiques.
Appelle les organisations de défense de droits de l’homme du Cameroun et d’Afrique centrale à mener toute action susceptible de faire libérer cette population de Douala placée désormais en liberté surveillée.
Fait à Douala le 16 janvier 2008
Pour l’asbl CEBAPH-LIBERAL
Le Président de l’asbl CEBAPH- LIBERAL Cameroun
Maître Félix Nicaire Mbotchak
01 janvier 2007
Collectif National contre l'Impunité au Cameroun ( CNI) : Silence, on tue!
Le 03 novembre 2007, un militaire de la Garde Présidentielle abat froidement un jeune homme au quartier Tsinga de Yaoundé. Son crime ? Avoir voulu traverser la rue juste après le passage d'un cortège de la première dame Chantal Biya, en provenance de l'aéroport de Yaoundé.
Comme tous les Camerounais le savent lorsque le Président de la République et/ou son épouse se déplacent à Yaoundé les rues sont barrées pendant plusieurs heures sur sont trajet. Les citoyens ordinaires pris au piège doivent alors prendre leur mal en patience et attendre. Sous peine de mort, comme le montre tragiquement l'exemple de ce jeune homme. Surtout que depuis un certain temps le régime de Paul Biya vit sous la psychose d'un coup d'Etat militaire.
Silence assourdissant
Si nos informations sont exactes Le Messager est le seul journal à avoir évoqué ce drame dans ses colonnes. Pour Cameroun-Tribune l'évènement n'a même pas eu une place dans la rubrique des faits divers. Quant à la CRTV, elle ne serait pas elle-même si elle parlait d'une action qui s'apparente à bavure.
Le plus surprenant est le silence tonitruant des Partis politiques et de l'opinion publique camerounaise. Pas une seule réaction, ni du côté du Parti au pouvoir ni de l'opposition. A supposer que cela n'intéresse personne qu'un militaire abatte ainsi un citoyen dans la rue.
Y a-t-il meilleure preuve qu'après 25 ans de "Renouveau" le Cameroun est devenu un enfer? La vie humaine ne vaut rien.
On tue, on se fait tuer, on meurt de maladie, de pauvreté, d'accident de la route ou de mauvais traitements dans une prison ou dans un commissariat de police dans l'indifférence générale. Tout au plus la famille proche prend le cadavre et va faire le deuil. Et encore cela n'est pas toujours possible. Beaucoup de ceux qui meurent en prison, de ceux qui sont victimes d'agressions dans les grandes villes ou qui sont défigurés lors des accidents de la route finissent dans un cimetière anonyme ou simplement dans la brousse.
Dans notre pays l'Humanisme a disparu partout, refoulé par la dureté du quotidien, par les égoïsmes ou tout simplement par l'arrogance de ceux qui savent que l'impunité leur est garantie.
Combien pariez-vous que le militaire de la Garde Présidentielle qui a abattu ce jeune ne sera jamais inquiété? Qu'il n'y aura même pas une enquête administrative?
Le triste record de 2006 sera battu
Comme cela se passe depuis des décennies le régime de Paul Biya, se croyant à l'abri de toute poursuite, continuera à tuer et à laisser tuer les Camerounais. Pour protéger son pouvoir, pour consolider les privilèges exorbitants de son élite, mais aussi par simple réflexe.
Qu'on en juge :
1-Kumba, 12 novembre 2007, trois morts et plusieurs blessés dans un état très critique. Parmi les morts Ngome Herbert Nkwele, élève en classe de 4ème abattu par la Police alors qu'il participait à une manifestation d'écoliers.
La cause de la révolte des élèves ? Une longue coupure de courant électrique dans les établissements scolaires et dans certain quartiers, estudiantin notamment. Depuis une dizaine de jours en effet, la fourniture d’énergie électrique s’était interrompue, contraignant les élèves, internes et externes, à s’éclairer à la lampe tempête pour réviser leurs cours.
2-.Bamenda, 16 octobre 2007, deux morts et plusieurs blessés lorsque les conducteurs de moto taxi ( dits benskineurs au Cameroun) descendent dans la rue pour protester contre les exactions de la police. Les forces de l'ordre répondent par la violence et ouvrent le feu sur les manifestants.
3- Yaoundé, 5 octobre 2007, deux morts et plusieurs blessés. Les forces de l'ordre ont tiré sur la foule. Les commerçants du marché Mokolo descendent dans la rue à cause de casses nocturnes de leurs comptoirs. La police tire.
A Douala, la manifestation est tuée dans l’œuf suite à la casse des comptoirs par la Communauté urbaine de Douala. La frondeuse a décidé de mettre la pédale douce.
4-Kribi, 29 septembre 2007 , un jeune homme est sauvagement battu par un groupe de policiers et laissé à demi-mort dans la rue. Dans cette ville balnéaire d Cameroun, les policiers sont accusés d’abus de fonction et de pouvoir. Victimes privilégiées : les femmes et les motos taximen.
5-Abong-Mbang, 17 septembre 2007, deux morts et plusieurs blessés. Les forces de l'ordre tirent à balles réélles sur la foule aux mains nues. La population avait organisé une marche de protestation suite aux coupures intempestives d’eau et d’électricité. La marche a tournéà l’émeute sanglante. Les deux victimes sont Marcel Bertrand Mvogo Awono et Jean Jaurès Shimpe Poungou Zok
Le même jour à Doumé (50 km environ de Abong Mbang) les populations sont descendues dans la rue en solidarité avec les habitants de Abong-Mbang. Entre autres elles creusent une tranchée en travers de la route nationale pour empêcher les renforts policiers partis de Bertoua (capitale provinciale) d'arriver à Abong Mbang. Ici aussi il y a eu des violences, mais pas de victimes connues.
6-Yaoundé, 13 septembre 2007, à de nombreux blessés et peut-être des morts (les familles de certains blessés graves avaient refusé de les faire soigner à l'hôpital). Les motos taxis avaient assailli les services de la fourrière de la Communauté urbaine de Yaoundé. Ils revendiquent bruyamment (par le jet des pierres et l’arrêt de la circulation) des motos confisquées par les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé. Les forces de sécurité emploient la brutalité : passage à tabac, matraques .
7-Banyo, 22 - 24 juillet 2007, des dizaines de blessés graves. La population descend dans la rue pour protester contre les manipulations des procès-verbaux des bureaux de vote en faveur du RDPC, le Parti du Président Biya. Les représentants du Régime Biya jouent à fond la carte tribale, dressant les populations Baboutés contre les Haoussas. En réalité il s'agissait de "rectifier" à postériorité les résultats des élections pour assurer au candidat de ce Parti la victoire électorale qu'il n'a pas obtenu par les urnes.
Tout porte à croire qu'au pays de Paul Biya le triste record de 2006 en matière de violation des droits de l'Homme sera largement battu.
Halte à l'Impunité
Un point commun à toutes ces réactions violentes des détenteurs de l'Autorité? L'Impunité.
Les assassins, les auteurs de violations des droits de l'Homme sont assurés d'échapper à toute punition tant qu'ils sont fidèles au Régime de Paul Biya.
Cela ne peut pas continuer ainsi.
Il est du devoir de tout patriote, de notre devoir et du devoir de nos organisations patriotiques de tout faire pour mettre fin à l'Impunité qui règne au Cameroun.
Le CNI (Collectif National contre l'Impunité), qui a joué un rôle fondamental dans la lutte pour faire justice aux neufs jeunes gens de Bepanda enlevés et exécutés par le Commandement Opérationnel et qui a déposé une plainte contre Paul Biya pour crime contre l'Humanité, fera tout ce qui est possible pour que ce crime ne reste pas impuni. Les différents responsables qui acceptent d'être la main assassine du régime de Yaoundé doivent savoir qu'ils auront à rendre compte de leurs actes devant la justice.
L'impunité ou l'assurance d'une impunité est le terreau sur lequel les violations des droits de l'Homme se développent ; elle engendre l'irresponsabilité et est incompatible avec un Etat de droit, avec une société démocratique.
Aucune Renaissance nationale, aucune Réconciliation entre les différentes composantes de la Nation camerounaise, aucune alternance démocratique ne seront possible s'il n y a pas de justice. Et il ne pourra pas avoir de justice dans l'Impunité.
Le CNI lance un appel solennel à tous les patriotes épris de justice à se joindre à la lutte pour la Justice et pour une alternance pacifique au Cameroun.
Fait à Bruxelles le 14 novembre 2007
Roufaou Oumarou,
Secrétaire Exécutif,
Collectif National contre l'Impunité Belgique













